Pourquoi l’accumulation d’argent est-elle nuisible ?

Accumulation-richesse

Nous avons tendance à vouloir économiser notre argent, à le “mettre de côté”. Mais cette accumulation est-elle réellement bénéfique ? 

L’excès d’argent est nuisible

J’ai côtoyé des personnes dotées de fortunes considérables.

Pendant une quinzaine d’années, l’argent définissait ma vie : je n’étais plus mes qualités de cœur mais j’étais devenu la surface de ma maison, la puissance de mes voitures, la qualité des hôtels de luxe qui nous accueillaient lors de nos voyages à travers le monde… Ma peur de perdre était telle que je faisais tout pour acquérir de plus en plus de biens.

Mon argent me permettait de dominer et de contrôler les autres. Mes valeurs profondes m’avaient permis de conserver une certaine humanité, mais j’ai malheureusement vu chez d’autres détenteurs de grandes fortunes la toxicomanie, l’alcoolisme, l’adultère dominer leurs vies.

L’amour de l’argent entraine des dégâts considérables. Selon moi, l’argent doit circuler et être utilisé pour mener à bien son projet de vie et pour aider les autres.

L’argent doit circuler

L’argent, comme l’eau, doit circuler, purifier, nettoyer, nourrir.

Quand il stagne trop longtemps, il devient toxique pour celui qui l’entasse. Au contraire, lorsque nous orientons l’argent vers notre projet de vie, vers notre idéal, nous goûtons alors la plénitude.

Si nous considérons qu’il y a suffisamment de tout sur notre terre et que l’ensemble de la population peut en profiter sans exclusion, la circulation de l’argent est saine : chacun peut en profiter selon ses besoins.

Lynne Twist, auteur de L’âme de l’argent, raconte sa visite à Mère Térésa : “Mère Térésa ne faisait jamais d’économies. Lorsque je lui ai rendu visite à son orphelinat en Inde, j’ai sollicité ses conseils sur la collecte de fonds. Elle m’a répondu que sa méthode consistait à prier et que la Providence lui procurait toujours ce dont elle avait besoin, rien de plus, rien de moins. Elle fonctionnait sans jamais faire de provision, confiante que Dieu viendrait infailliblement à son aide. Et son expérience attestait qu’en effet, il n’y manquait jamais !” [1] Quel exemple ! Mère Térésa dirigeait plus de 400 centres dans 102 pays différents et semblait toujours avoir ce qu’il lui fallait. Pas d’excédent, pas de surplus, mais rien en moins non plus ! La loi de l’abondance (“obtenir ce dont on a besoin quand on en a besoin”) fonctionnait totalement avec Mère Térésa.

L’accumulation ou le partage ?

Le mythe de la pénurie nous pousse à nous battre pour avoir plus, puisqu’il n’y en a pas assez pour tout le monde. La peur et le contrôle nous dominent.

De mon côté, je voulais thésauriser pour protéger ma famille. Je voulais accumuler des biens matériels, de peur d’en manquer un jour ! Il a fallu que les difficultés me submergent, que je sois au fond du trou pour comprendre que je ne peux rien contrôler ! Complètement dépassé par les difficultés au moment de mon dépôt de bilan, j’ai décidé de lâcher prise. Il est vrai qu’il était difficile de faire autrement.

La crainte de la pénurie encourage l’accumulation de biens matériels, l’accaparement de richesses au détriment des autres. A l’inverse, le mode de vie des indigènes mérite d’être étudié : il s’appuie sur les principes de partage et de suffisance et non sur l’accumulation.

La richesse devrait s’exprimer dans le don et le partage, ou dans la poursuite de notre projet de vie qui servira à améliorer le monde. Par exemple, l’épargne, accumulation modérée d’argent, fait partie d’une saine gestion de ses finances personnelles. Mais quand, par peur, nous accumulons plus que de raison, l’argent devient un obstacle à la pleine réalisation de soi.

Ma notion du conseil en gestion de patrimoine a beaucoup évolué. Au début de ma vie professionnelle, ma société animait plus de 150 conseillers en gestion de patrimoine. Notre objectif consistait à faire gagner de l’argent à nos clients. Aujourd’hui, selon moi, le meilleur conseiller financier serait celui qui aiderait son client à orienter son argent vers la réalisation d’un projet de vie plein de sens, qui participerait à la création d’un monde meilleur.

Selon Lynne Twist, “les gens les plus heureux que je connaisse sont ceux qui mettent leurs ressources (l’argent) au service de leurs engagements les plus nobles.  Pour eux, la richesse réside dans le partage de ce qu’ils possèdent, le don et l’attribution qui leur permettent de s’exprimer d’une manière authentique”.

 

Et pour vous, quelle serait une saine utilisation de l’argent ?

[1] Lynne TWIST, L’âme de l’argent : transformer sa relation avec l’argent et la vie, Ariane Editions, septembre 2004.

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