7 bonnes raisons de ne pas investir dans le financement participatif (2)

tous-citoyens

Investir dans des entreprises innovantes représente un risque. Sous le vocable du financement participatif, se cache des réalités très différentes et il est difficile de s’y retrouver. Il y a le don qui ne fait pas l’objet de régulation pour l’instant et il y a le prêt, régulé par l’AMF qui nécessite d’obtenir un agrément pour exercer l’activité d’Intermédiaire en Financement Participatif (IFP).

5 – Cela redonne du pouvoir aux citoyens

Dans financement participatif, il y a participatif ! La dimension participative pourrait tendre à prendre le pas sur la partie financière. Il n’est pas certain que le fait de redonner le pouvoir aux citoyens garantisse la bonne utilisation de leurs fonds. On observe plutôt un phénomène de suivisme et la réaction de la foule pourrait tout aussi être moutonnière. Il n’est que de voir à quel point il est difficile d’atteindre les 20 premiers pourcents demandés par les porteurs de projets et de constater que les 20 derniers pourcents sont bien souvent réalisés dans les deux derniers jours de la campagne. Ne faudrait-il pas plutôt continuer à confier l’argent des épargnants à des professionnels du milieu bancaire, rationnels et rigoureux comme chacun le sait ?

6 – Les acteurs du financement participatif sont des idéalistes

Leur crédo consiste à inciter les épargnants à reprendre en main leur argent pour l’orienter vers des modèles économiques de proximité, plus conformes à leurs aspirations sociétales. Ils soutiennent qu’il est possible de concilier la rentabilité avec le respect des personnes et des ressources tout en créant de l’emploi local qui plus est. Ils prétendent opérer un changement  de paradigme en modifiant considérablement leur rapport à la propriété.

La propriété qui régit une grande partie de nos lois françaises, la propriété qui est un article (art. 17) de la déclaration universelle des droits de l’homme se verrait progressivement supplanter par la notion d’usage. L’économie collaborative qu’ils appellent de leurs vœux et qu’ils tentent de bâtir sous nos yeux, privilégierait l’usage au détriment de la propriété.

7 – Ils n’ont pas les moyens de leurs ambitions

Heureusement, ces nouveaux acteurs qui se prétendent disruptifs, n’ont pas les reins assez solides. Face aux banques richement dotées qui brassent des sommes considérables, ces idéalistes ne font pas le poids. Et ce ne sont pas les maigres commissions qu’ils prélèvent sur le montant des campagnes (encore faudrait-il qu’elles soient réussies) qui inquiètent les acteurs bancaires bien installés.

Il leur faudra atteindre des volumes bien plus élevés et il ne restera que quelques acteurs de poids suffisamment dotés pour peser à l’échelle nationale et européenne. Il faudra s’attendre après la prolifération actuelle, à ce qu’il y ait de la casse, puis quelques regroupements auront lieu et peut-être qu’il restera quelques acteurs de taille suffisante qui pourront être rachetés par des banques.

A moins qu’ils réussissent ce qu’ils ont entrepris et que leurs idéaux les préservent des aspects vénaux et mercantiles…

Découvrez les 4 autres points fondamentaux dans cet article

Tahar SLIMANI, Consultant et dirigeant de Kaalisi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *